
SARL vs SA en Suisse : choisir une forme de société pour votre création d'entreprise ?
Lors de la création d’une entreprise en Suisse, l’une des premières décisions à prendre est le choix de la forme juridique. Deux structures se démarquent particulièrement pour les entrepreneurs : la SARL (Société à Responsabilité Limitée) et la SA (Société Anonyme). Ce comparatif SARL vs SA en Suisse vous permettra de mieux comprendre les différences fondamentales entre ces deux formes juridiques afin de choisir la plus adaptée à votre projet d’entreprise. Notre cabinet accompagne les entrepreneur(e)s (coaching) dans la conduite de leur projet de création d'entreprise en Suisse et leur permet d'obtenir des conseils concernant le choix d'une structure ou forme de société adopter, en particulier entre le choix d'une SARL ou d'une SA.
Thèmes abordés dans cet article :
- Capital social minimum de la SARL et de la SA : un écart significatif
- Apport en nature dans une Sàrl ou une SA en Suisse : comment procéder ?
- SARL ou SA en Suisse : Responsabilité limitée dans les deux cas
- Nombre de fondateurs et structure de gestion
- Transmission des parts et attractivité pour les investisseurs
- SA vs SARL : et la confidentialité des associés ?
- Coûts de création et coût de gestion d'une SARL vs une SA en Suisse
- Fiscalité et dividendes: le choix entre la SARL ou la SA a-t-il un impact sur la fiscalité ?
- SA ou SARL : récapitulatif des différences entre ces deix formes de société en Suisse
- Croissance des créations d’entreprises par canton en Suisse (2024)
- Cession d’entreprise en Suisse : quelles différences entre la Sàrl et la SA ?
- En résumé : Quelle forme juridique choisir pour votre projet en Suisse : SARL ou SA ?
Capital social minimum de la SARL et de la SA : un écart significatif
SARL ou SA : quel montant de capital social est nécessaire ? un écart important
Le capital minimum requis est souvent un critère décisif. Pour créer une SARL en Suisse, un capital social de 20’000 CHF est nécessaire, entièrement libéré dès la constitution. En revanche, la SA requiert un capital minimum de 100’000 CHF, dont au moins 50’000 CHF doivent être libérés au moment de la création. Ainsi, la SARL reste plus accessible pour les petites structures ou les entrepreneurs individuels souhaitant limiter les apports initiaux.
La question du montant du capital est essentielle, en particulier lorsque une dette ou un financement commercial sera susceptible d'être recherché dans le cadre d'une future activité. Gage de crédibilité, un apport en fonds propres sous la forme de capital versé dans une société est donc fondemental et doit être pris en compte.
Apport en nature dans une Sàrl ou une SA en Suisse : comment procéder ?
Qu’est-ce qu’un apport en nature ?
Un apport en nature désigne la contribution d’un bien (matériel, immatériel, actif financier, véhicule, stock, machine, logiciel, etc.) à une société, en échange de parts sociales (Sàrl) ou d’actions (SA), au moment de sa création ou lors d’une augmentation de capital. Contrairement à un apport en numéraire (somme d’argent versée), l’apport en nature représente une valeur économique transférée à la société.
Est-ce autorisé en Suisse ?
Oui, les apports en nature sont parfaitement autorisés aussi bien dans une Sàrl que dans une SA. Toutefois, des règles strictes encadrent leur utilisation, afin de garantir la transparence, la fiabilité des évaluations et la sécurité des créanciers.
Comment faire un apport en nature dans une Sàrl ou une SA ?
Voici les étapes à respecter pour qu’un apport en nature soit juridiquement valable en Suisse :
1. Évaluation du bien par un réviseur agréé
L’apport en nature doit être évalué par un expert-réviseur agréé (experts-comptables reconnus par la Confédération). Cette évaluation permet de fixer la valeur du bien de manière objective, en conformité avec les normes comptables suisses.
2. Établissement d’un contrat d’apport
Le ou les fondateurs doivent rédiger un contrat d’apport, qui décrit précisément :
-
la nature du bien apporté,
-
sa valeur (selon l’évaluation),
-
l’identité de l’apporteur,
-
le nombre de parts ou d’actions reçues en échange.
3. Inclusion dans les statuts
Les statuts de la société doivent mentionner l’existence de l’apport en nature, sa valeur et les modalités de remise du bien à la société.
4. Validation par le notaire
L’acte de constitution de la société est établi devant notaire. Ce dernier vérifie que l’apport en nature respecte les conditions légales et que les documents justificatifs sont conformes.
5. Inscription au Registre du commerce
Lors de la demande d’inscription, l’apport en nature est mentionné publiquement dans le Registre du commerce suisse, avec la description du bien et sa valeur.
Précautions à prendre
-
L’apport doit avoir une utilité directe pour la société (ex : machines, brevets, mobilier, véhicules, logiciel, etc.).
-
Il ne peut pas s’agir d’un bien sans valeur actuelle ou spéculative.
-
Une surévaluation intentionnelle constitue une faute grave, engageant la responsabilité des fondateurs.
-
L’apport en nature est irrévocable : une fois le bien transféré, il appartient juridiquement à la société.
En résumé
Un apport en nature est un outil efficace pour constituer une société en Suisse sans liquidités immédiates, tout en mobilisant des actifs utiles à l’exploitation. Il exige cependant rigueur, transparence et accompagnement juridique. Faire appel à un notaire et à un réviseur agréé est indispensable pour garantir la légalité et la validité de l’opération, que ce soit dans une Sàrl ou une SA.
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SARL ou SA en Suisse : Responsabilité limitée dans les deux cas
La question de la responsabilité des associés est importante dans le cadre d'u projet de création d'entreprise.
Tant la SARL que la SA offrent une responsabilité limitée au montant du capital social. Cela signifie que les associés ou actionnaires ne sont pas responsables des dettes de la société au-delà de leurs apports. Ce principe fondamental assure une certaine sécurité patrimoniale, ce qui en fait des structures juridiques prisées en Suisse.
Tant la SARL que la SA sont deux formes de sociétés permettant aux associés de différencoer leur responsabilité de la sphère privée de la sphère entrepreneuriale, ce qui diffère la SARL et la SA de la raison individuelle par exemple pour laquelle tout se confond.
Engagement privé en cas de recours à de la dette bancaire lors d'une création d'entreprise
Lorsqu’un entrepreneur sollicite un prêt bancaire pour créer une entreprise en Suisse, les établissements prêteurs exigent généralement des garanties personnelles. Même si la société dispose d’une personnalité juridique distincte (notamment dans le cas d’une Sàrl ou d’une SA), les banques demandent souvent un engagement privé du fondateur, sous forme de caution solidaire, de nantissement de biens privés, ou d’un acte de garantie personnelle.
Ce type d’engagement signifie que le dirigeant est personnellement responsable du remboursement du prêt si l’entreprise ne parvient pas à honorer ses dettes. Cela constitue un risque important pour le patrimoine personnel de l’entrepreneur, en particulier en cas d’échec du projet. Il est donc crucial d’anticiper cette exigence dans le business plan et de négocier, si possible, des limites à cet engagement. Des dispositifs comme le Cautionnement Romand peuvent aussi réduire le besoin de garantie privée.
Nombre de fondateurs et structure de gestion
Le fonctionnement concret de la société (on parle de gouvernance) de type SARL et SA est différent
La SARL peut être fondée par une seule personne, tout comme la SA. Toutefois, la gouvernance diffère :
-
La SARL est dirigée par un ou plusieurs gérants, souvent choisis parmi les associés. La gestion est donc plus directe et personnelle.
-
La SA doit obligatoirement être dotée d’un conseil d’administration, composé d’au moins une personne. Cette structure est plus adaptée aux projets d’envergure ou aux investisseurs souhaitant déléguer la gestion à des tiers.

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Transmission des parts et attractivité pour les investisseurs
Les parts sociales d’une SARL sont nominatives et leur transfert est soumis à l’accord des autres associés. Cela peut freiner l’entrée de nouveaux partenaires ou investisseurs externes. La SA, en revanche, se distingue par la libre cessibilité de ses actions, ce qui en fait une forme juridique plus adaptée à la levée de fonds et à l’entrée d’actionnaires tiers.
SA vs SARL : et la confidentialité des associés ?
La transparence est plus marquée dans une SARL : les noms des associés apparaissent dans le registre du commerce, ce qui peut poser problème à ceux qui souhaitent rester discrets. À l’inverse, dans une SA, seuls les membres du conseil d’administration sont visibles publiquement, les actionnaires ne le sont pas. Cette discrétion peut être un avantage stratégique dans certains secteurs d’activité.
Coûts de création et coût de gestion d'une SARL vs une SA en Suisse
Créer une SARL coûte généralement moins cher qu’une SA.
En effet, les frais notariaux, les émoluments au registre du commerce et les honoraires de conseils sont globalement inférieurs. En outre, la gestion administrative d’une SARL est plus simple au quotidien : pas d’obligation de tenir des assemblées générales complexes ou de publier des rapports annuels comme dans certaines SA de grande taille.
Relativement similaire entre une SARL ou une SA en Suisse, le coût liéa à la constitution d'une société ets à mettre en rapport avec les avantages offerts par chaque type de société ainsi que les possibilités d'évolution future de l'entreprise : levée de fonds et investisseurs, transmission et cession de parts ou d'actions ultérieures, croissance prévisionelle de l'entreprise, fiscalité, etc
Fiscalité et dividendes: le choix entre la SARL ou la SA a-t-il un impact sur la fiscalité ?
La fiscalité des bénéfices est identique pour les deux structures. Cependant, les SA offrent souvent plus de flexibilité en matière de distribution de dividendes et d’optimisation fiscale pour les actionnaires, notamment en cas de participation qualifiée. Cela peut représenter un levier intéressant à partir d’un certain niveau de bénéfices.
SA ou SARL : récapitulatif des différences entre ces deix formes de société en Suisse
Critère | SARL (Société à Responsabilité Limitée) | SA (Société Anonyme) |
---|---|---|
Capital social minimum | CHF 20'000 (entièrement libérés) | CHF 100'000 (CHF 50'000 minimum libérés) |
Responsabilité | Limitée au capital social | Limitée au capital social |
Nombre de fondateurs | 1 minimum | 1 minimum |
Structure de gestion | Gérance (souvent les associés) | Conseil d’administration obligatoire |
Cession des parts / actions | Soumise à l’accord des associés | Libre (sauf statuts contraires) |
Confidentialité des propriétaires | Associés visibles au registre du commerce | Actionnaires anonymes (seuls les administrateurs sont visibles) |
Attractivité pour les investisseurs | Moins adaptée | Très adaptée (actions transférables) |
Coûts de création et gestion | Moins élevés | Plus élevés |
Utilisation fréquente | Petites et moyennes entreprises (PME) | Grandes entreprises ou startups en croissance |
Croissance des créations d’entreprises par canton en Suisse (2024)
Cession d’entreprise en Suisse : quelles différences entre la Sàrl et la SA ?
En Suisse, le choix de la forme juridique – Sàrl ou SA – a un impact direct sur les modalités de cession de l’entreprise, tant du point de vue juridique que stratégique. Lorsqu’une transmission intervient, ces différences peuvent influencer la rapidité de l’opération, la fiscalité applicable et la confidentialité du processus.
Dans une Sàrl (société à responsabilité limitée), les parts sociales sont nominatives et liées à l’identité des associés. La cession de parts nécessite l’approbation de l’assemblée des associés, ce qui peut ralentir ou complexifier la transaction. Par ailleurs, les noms des associés sont inscrits au Registre du commerce, rendant la transmission visible publiquement. Ce cadre est plus adapté aux entreprises familiales ou aux structures avec peu d’associés, où le lien personnel entre les membres est déterminant.
En revanche, la SA (société anonyme) offre une plus grande souplesse en matière de cession. Les actions peuvent être transmises librement (sauf clause contraire dans les statuts) et leur cession ne requiert pas d’approbation spécifique. De plus, l’identité des actionnaires n’est pas rendue publique, ce qui garantit une plus grande confidentialité. Cette structure est généralement préférée lorsqu’une cession à un tiers extérieur est envisagée, notamment pour des raisons de flexibilité, de discrétion et de valorisation plus élevée.
Ainsi, pour anticiper une transmission d’entreprise en Suisse, la SA est souvent plus adaptée à une stratégie de revente ouverte ou à une reprise externe, tandis que la Sàrl s’inscrit davantage dans une logique de stabilité et de contrôle entre associés existants.
En résumé : Quelle forme juridique choisir pour votre projet en Suisse : SARL ou SA ?
-
Choisissez une SARL si vous êtes un ou plusieurs associés souhaitant créer une entreprise à taille humaine, avec un capital limité et une gestion directe.
-
Optez pour une SA si vous envisagez de faire appel à des investisseurs, de garder l’anonymat des actionnaires, ou si vous souhaitez structurer un projet à dimension plus institutionnelle ou à forte croissance.
SARL ou SA en Suisse : un choix stratégique
Le choix entre SARL et SA en Suisse ne dépend pas seulement du capital disponible. Il s’agit d’un véritable choix stratégique qui influence la gouvernance, la fiscalité, la croissance et la transmission de l’entreprise. De nombreux entrepreneurs débutent avec une SARL pour ensuite transformer leur société en SA lorsque le développement le justifie. Il est fortement recommandé de consulter un expert ou un conseiller juridique pour adapter le choix à vos objectifs.
Pour conclure
La comparaison entre SARL et SA en Suisse tend à démontrer que chacune de ces deux formes juridiques de sciété possède ses avantagespropres. En effet, la SARL convient bien aux PME et aux projets entrepreneuriaux à taille humaine, tandis que la SA s’adresse davantage aux entreprises ambitieuses recherchant souplesse de financement, confidentialité et évolutivité.
Quel que soit votre choix, l’essentiel est d’aligner la structure juridique avec la stratégie de développement de votre entreprise.